Caterina e Maria de' Medici: Donne al potere
Caterina e Maria de' Medici: Donne al potere
La copertina del fumetto
EternArtemisia est une histoire simple : dans une société futurible, écrasée par un système d’ordre et de sécurité à la limite du délire, une femme mise au ban devient le chef d’une révolte destinée à modifier radicalement ce système. Une histoire de jeux de pouvoir, qui m’a ramené tout de suite à la mémoire ce qui sans doute est l’origine de l’histoire du pouvoir en Occident et des formes où il a fini par s’organiser : l’écroulement du matriarcat et l'apparition, à la fin de la préhistoire, du modèle patriarcal.   
EternArtemisia, s’inspirant de la légende des deux Artemisia, celle de Caria et celle d’Halicarnasse, racontées dans les tapisseries consacrées à Catherine et Marie de Médicis, est donc une bande dessinée où l’histoire se déroule dans un avenir possible à l’envers, vertigineusement à travers les ères, jusqu’à la préhistoire. Dans ce voyage en arrière dans le temps, une mystérieuse figure sert d’esprit guide, de chamane : Chimera, qui avec Artemisia, est la véritable protagoniste. Chimera est une femme, une prêtresse du culte de la Grande Mère, la Déesse Blanche du culte préhistorique répandu dans une zone géographique énorme (le premier culte monothéiste du genre humain ?), qui transmet ses pouvoirs et sa mission de génération en génération. Sa mission : empêcher que le principe féminin lui soit subjugué par le principe masculin ; quand cela se produit et se prolonge dans le temps, Chimera intervient pour déplacer l'aiguille de la balance et faire en sorte que les femmes reviennent à la dignité lui leur revient.
EternArtemisia est une bande dessinée de critique sociale, mais pas seulement. Nous pouvons la définir une histoire d’amour (l'amour entre Artemisia et Mauso, son mari), une histoire d’action (à cause du conflit entre Chimera et Kurgan, le Killer chargé de tuer Mauso et Artemisia), une histoire entre les genres (le fantascientifique et le fantasy historico-archéologique).
EternArtemisia a une dette de reconnaissance envers les oeuvres de Marja Gijmbutas et de Robert Graves, notamment ; envers les bandes dessinées d’Enki Bilal, de Jodorowsky et de Magnus ; le cinéma de science-fiction de Blade Runner et Dune, jusqu’à Dark City, Gattaca et Les fils de l'homme ; le travail de recherche politique et social du collectif Action30 ; envers l’architecture organique et notamment celle de David Fisher et de son cabinet.